Jérémy au TT de Bordeaux

Jérémy au TT de Bordeaux

Nous avons terminé, ce 17 mars 2019, la première course de notre aventure : Objectif Dakar 2020.

Pour cette première course nous nous sommes fixé un sacré challenge puisque nous avons décidé de prendre le départ d’une course d’endurance : les 6h tout-terrain de Bordeaux.

Cette course est aussi la première course de la saison pour les pilotes professionnels et amateurs qui visent le championnat de France SSV 2019. C’est donc très important pour eux de faire sensation et de marquer de précieux points pour le reste de la saison.

On savait que ce week-end allait être une grande découverte pour Grégory et moi dans tous les sens du terme mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi difficile !

Jeremy raconte son week-end

« On est arrivé le samedi matin pour faire les vérifications techniques et administratives. Ça parait simple comme ça mais quand on ne connait pas c’est une découverte. 

Les bénévoles récupèrent les inscriptions, chèque de caution et valide l’homologation du véhicule. Puis les vérifications techniques commencent et rapidement un commissaire, deux commissaires, trois, quatre se rapprochent de notre véhicule et en moins de 5 minutes trop de commissaires pour les compter se sont regroupés autour de notre bolide… 

Je vois Freddy discuter, expliquer et montrer à toutes ces personnes que tout est en règle. De mon côté, le stress monte ! Je fais les 100 pas, je m’imagine déjà ne pas pouvoir prendre le départ de cette course mais au bout de plus de 20 minutes de négociation, Freddy revient avec le sourire et nous dit : « c’est ok, on part au stand ». C’est un véritable soulagement pour moi.

Les essais libres durent 1H30. On décide que je fais 30′ pour reprendre le véhicule en main et rouler au milieu d’autres concurrents.
Dès cette première demi-heure je me rends compte que certains concurrents sont venus pour jouer le championnat. Ça ne rigole plus, on est dans la cour des grands !
Grégory part pour ses 30′, on échange quelques mots via la radio et on échange le même sentiment : ce week-end va être rock.

Grégory rentre et je repars pour les 30 dernières minutes d’essais libres. Mon objectif va être le tour qualificatif qui commence juste à la fin des essais libres. Donc je dois mettre à profit ces 30 dernières minutes pour être le plus efficace possible sur l’unique tour de qualification.

Je sors des stands et au bout de la première ligne droite, le véhicule tremble, tombe sur un côté et je vois la roue arrière droite me doubler à pleine vitesse !
J’ai peur et je ne comprends pas ce qui se passe. Je sors du véhicule et je vois tout le train roulant arrière droit en morceau : roue voilé, pneu crevé, étrier de freins cassé, disque de freins tordu, cardan coupé en deux…

 

Je ne vois pas comment Freddy et les mécaniciens vont pouvoir réparer pour la course et encore moins pour la qualif. La dépanneuse me ramène au stand. En moins de 30 secondes, Freddy se rend compte que tout le problème vient du cardan. Un problème de fonderie à la fabrication, il a cassé et a tout emporté avec lui. Nos anges gardiens du week-end vont réparer le véhicule en 45 minutes. Impressionnant !
Me voici, dans les stands, au volant pour réaliser mon tour de qualification.

Je m’élance mais entre le moment où j’ai roulé en début d’après-midi et maintenant, la piste a complètement changé. Je glisse beaucoup trop pour être efficace en virage et je n’ose pas mettre les gaz dans des sections complètement abîmés par le passage répétitif des concurrents. J’arrive un peu déçu mais rapidement tout le monde me rassure et me dit que c’est top pour une première.

Il ne faut pas oublier que les 59 autres concurrents roulent depuis des années et que notre objectif c’est seulement finir la course. Je classe notre véhicule dans le premier tiers avec la 21eme position sur la grille.

Grégory prend le départ, il maîtrise et contrôle. Je suis impressionné ! Tout se passe bien et juste avant de rentrer dans les stands il annonce à la radio qu’il a un problème avec le câble d’accélérateur qui reste bloqué. C’est la fin de son relai d’1h30, il rentre, les mécaniciens réparent pendant que je m’installe. Je repars pour un relai d’1h30. 

Ce câble d’accélérateur nous mène la vie dure ! Le problème ? il y a trop de boue et le ressort ne fonctionne pas correctement. Le seul moyen pour moi de freiner c’est d’embrayer puis freiner et pour accélérer lâcher l’embrayage. C’est compliqué pour piloter et surtout dangereux pour le moteur qui tourne à fond tout le temps. Je rentre au stand 4 fois en 7 tours mais rapidement les mécanos décident d’augmenter la puissance du ressort. La pédale d’accélérateur est dure comme du béton mais ça fonctionne ! 

Je fais quelques tours avant que la course soit arrêtée. Un 4×4 s’est mis en travers en haut d’une bosse. On reste immobilisé environ 1h avant qu’un nouveau départ ne soit donné.

Je suis un peu frustré car sur mon relais d’1h30, j’ai à peine roulé 20 minutes… Le 2nd départ est donné mais ce souci d’accélérateur nous a mis dans les dernières positions.

Bon ce n’est pas grave, devant moi il y a des gros 4×4 beaucoup plus lents que moi. Je remonte tranquillement et en l’espace de 30 minutes je remonte dans les 20ème place.

Freddy m’annonce à la radio : « dernier tour pour toi, ensuite tu rentres et passe le relais à Grégory ». Au milieu de tour, dans un virage serré à gauche, la fixation de la roue avant gauche casse !

Je dois attendre la dépanneuse pour rentrer au stand. Je pense « fini le classement » et quand je décris la casse à la radio, Freddy me dit « fini la course ». Mais c’était sans compter sur leurs expériences et leurs efficacités ! Nos anges mécaniciens arrivent à réparer avec l’aide de la disqueuse, quelques soudures et en supprimant les freins avant gauche.

Grégory peut repartir. Il reste moins de 40 minutes de course. Ne pas prendre de risque ! Il doit juste passer la ligne qu’importe la place et la vitesse.

Le drapeau à damier tombe et c’est un mélange de sensations qui m’envahi. Je suis content mais ému, je souris mais avec des larmes. Les émotions se bousculent entre le soulagement d’avoir fini, la déception de ne pas avoir fait mieux et la fierté d’avoir réussi notre première course. »

Malgré tous ces rebondissements qui font partis du sport automobile nous terminons cette course 38eme sur 60 engagés. Grégory vous raconte aussi son expérience lors de ce TT de Bordeaux!

 

Nous avons réussi, ensemble, en équipe et grâce à vous !

Nous sommes heureux de pouvoir vous dire que nous sommes sur le bon chemin, que nous respectons le planning.

La prochaine course ? Le 18 et 19 mai à Soissons pour le rallye Jean de la Fontaine.
Une manche du championnat de France des rallyes tout-terrain.

 

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